Quand vivent les collections |
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| Écrit par Pompei | ||||||
| 04-12-2007 | ||||||
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Si une collection, se veut avant tout le « rassemblement » d'objets ou documents sur un thème qui nous est cher, elle peut être aussi à l'origine d'une étude sur elle même et ses « annexes ». Je m'explique. Pourquoi nous collectionnons, d'où nous vient cette « collectionnite », l'origine dans le choix du thème, ainsi de suite ...C'est ce que j'appelle les « annexes ». Mais il en est deux qui me semblent être vraiment symptomatiques du collectionneur assidu.
C'est dans un premier temps « le désir, doublé du plaisir de faire partager sa passion », ça ressemble presque à une justification de sa « phobie ». Puis de trouver dans cette collection, la source inspiratrice pour un travail de présentation et de mise en valeur de son contenu. C'est généralement ici que le collectionneur est rejoint par ce besoin, ou qu'il est sollicité, pour « pondre des topos sur sa passion ». Quel plaisir de fouiller dans l'histoire de tel objet ou document, c'est encore mieux quand c'est l'inverse, à savoir que c'est l'objet ou le document qui nous raconte son histoire ou l'histoire tout court. Je vous propose ci dessous, un exemple de ce type de situation. Conduit à exposer, à la demande du prêtre d'une paroisse de l'Hérault, ma collection d'objets et documents sur le sanctuaire marial de Lourdes, nombreux sont les visiteurs qui me posèrent des questions qui se résumeraient dans la formule, choisie comme titre d'un ouvrage, par son auteur, l'Abbé Cabane, « Les liens qui unissent le diocèse de Montpellier à Lourdes ». Quelques jours après cette exposition, je recherchais dans ma collection tout ce qui de près et de loin avait un rapport entre l'Hérault et Lourdes. De mes fouilles, et suite à une compilation chronologique des découvertes réalisées, je pondais le « papier » dont ici, suivent des extraits. Quel mérite ? Aucun, si ce n'est de prouver qu'une collection est vivante.
Pour mémoire, entre le 11 février et le 16 juillet 1858, Bernadette Soubirous, humble bergère vivant à Lourdes , dans les Pyrénées, aurait reçu dix-huit fois, à la grotte de Massabielle, la visite de la Vierge Marie. ... Le diocèse de Montpellier fut l'un des premiers à créer historiquement des liens avec ce sanctuaire, depuis mondialement connu. En effet, dés le début des évènements, des « héraultais » figurent parmi les témoins des « faits qui se déroulent à la grotte de Masabielle ». En juillet 1858, Monseigneur Thibault, Évêque de Montpellier, l'abbé Baudassé, curé de Lunel et l'abbé de Cabrières, en font partie. Les docteurs Dozous et Vergez qui constatent les « premiers miracles », pendant la période même des apparitions, sont issus de la Faculté de Médecine de Montpellier.
... Pourquoi ces liens ? Car la vie morale étant
régie par des lois inéluctables, tout comme la vie physique, lorsque une
multitude éprouve des sentiments communs, qu'ils soient patriotiques ou
religieux, elle éprouve également le besoin de les manifester en un pieux
rendez-vous. Lourdes est ce rendez-vous auquel nombreuses et nombreux furent
les héraultais qui, sous la conduite des prêtres de leur paroisse se sont
succédés à dans la cité mariale. Le diocèse de Montpellier à Lourdes, chronologie. 1858, le futur Cardinal de Cabrières accompagne Mgr Plantier, évêque de Nîmes, aux Eaux-Bonnes (64). Passant par Lourdes, il a « l'honneur inespéré de voir Bernadette ». 1870, les paroisses de St Denis et de ND des Tables de Montpellier offrent le vitrail « le paradis terrestre » pour la basilique ND de Lourdes, plus tard basilique de l'Immaculée Conception, communément appelée basilique supérieure. 1871, offrande à la basilique supérieure d'un ex-voto, un cœur en or, par les fidèles de Béziers. 1872, au lendemain de la guerre de 1870, les diocèses de France se ruent à Lourdes, le notre n'est pas en reste. Le 28 mai, premier pèlerinage officiellement organisé par Béziers et ses environs, présidé par M. Reboul, Camérier secret de SS Pie IX, curé de Béziers. Le Père Elysée, supérieur des Carmes de Montpellier en est le prédicateur. En cette année d'action de grâce, parmi les 302 bannières qui constituent l'offrande de la France reconnaissante, on note la bannière N°119, offerte par ND de la Consolation de Béziers, la N°151 par ND de la Recouvrance, le collège et la ville de Montpellier, la N°158 par ND de la Mer à Sète, la N°247 par ND de Sue de Montpellier, la N°256 par ND de Lorette de St Gervais sur Mare et enfin la N° 275 par ND du Rouet de Montpellier. 1873, la paroisse Ste Eulalie de Montpellier offre pour la basilique supérieure, le vitrail « Ste Germaine de Pibrac, rappelant la 1ère apparition ». Lunel offre une bannière, Bédarieux et Montpellier, chacun un calice. 1874, année où l'abbé de Cabrières accède au siège épiscopal de Montpellier. 1878, Monseigneur de Cabrières préside son premier pèlerinage en temps qu'Évêque de Montpellier. Les annales de ND de Lourdes notent le succès de ce pèlerinage malgré l'épreuve du phylloxera qui vient de frapper le vignoble héraultais. 1885, le comité ND du Salut, créé à Montpellier, organise les premiers trains pour pèlerins malades sous l'impulsion de l'abbé Brunel, curé de St Martin de Londres. 1892, Vicaire à St Alexandre de Bédarieux, l'abbé J.J. Crébassol conduit ses fidèles à Lourdes. Il en sera un des plus ardent et fervent pilier. Du 20 au 24 août 1897, noces d'argent (25 ans) des Pèlerinages Nationaux. Mgr de Cabrières préside la messe pontificale d'action de grâces et en sera le prédicateur. 1898, c'est l'abbé Graffinol, curé de St Joseph de Sète, qui couronne la statue de la Vierge de la grotte. 1899, Monseigneur de Cabrières vient à Lourdes « rendre grâce » à l'occasion du 25ème anniversaire de sa nomination d'évêque, 5.000 pèlerins et 100 prêtres l'accompagnent 1904, l'abbé Crébassol, curé de Ste Madeleine de Béziers devient directeur du « Pèlerinage National ». . 1907, le témoignage d'un pèlerin nous apprend, qu'un voyage en train, de Montpellier à Lourdes dure en moyenne une quinzaine d'heures. Le train arrivait à Lourdes depuis 1866. 1908, Monseigneur de Cabrières dépose au cours du procès de l'Ordinaire de Bernadette. Le diocèse de Montpellier envoie six trains spéciaux à Lourdes. L'abbé Cabane participe pour la première fois à l'organisation de pèlerinages locaux. 1912, Monseigneur de Cabrières est fait cardinal. Du 7 au 12 juillet 1913, le Cardinal de Cabrières se rend à Lourdes et convie « le diocèse tout entier à se joindre à lui pour un acte de solennelle reconnaissance suite à sa nomination cardinalice ». Dix mille fidèles l'accompagnent. De plus, c'est le soixantième anniversaire de son ordination sacerdotale. En hommage et avec le généreux concours des héraultais, le diocèse offre au sanctuaire marial une statue de St Roch, patron de Montpellier. « Cette même année, son Éminence se fait l'interprète des félibres de Montpellier pour que soient gravées sur le socle de la statue de la Vierge de la grotte, les paroles de la Dame, Que soy era Immacoulada Counception ». 1914, le pèlerinage, projeté pour les 19 au 25 août et comptant vingt cinq trains spéciaux, n'aura pas lieu, la guerre ayant été déclarée le 1er août. Le 12 octobre 1916, accompagné de son auxiliaire, Mgr Halle, de ses cinq archiprêtres, de plusieurs doyens, aumôniers, curés et d'une centaine de ses diocésains, le Cardinal vient demander à Lourdes « une prompte cessation de la guerre en cours ». 1918, le Cardinal de Cabrières dépose à nouveau en faveur de la béatification de Bernadette. En cette année du 60ème anniversaire des apparitions, c'est Mgr Halle, auxiliaire du Cardinal, qui est le prédicateur des cérémonies. Le 29 juin 1919, le Cardinal de Cabrières est avec ses ouailles à Lourdes pour rendre grâce à Marie pour la fin glorieuse de la « der des der ». Il est le premier des évêques français à venir « remercier la Mère Salvatrice de la France, fille aînée de l'Église ». 1921, malgré la chaleur torride qui règne à Lourdes, le cardinal de Cabrières âgé de 91 ans préside la procession du Saint Sacrement et célèbre une messe dans la nuit. Le 21 décembre de la même année, il rend son âme à Dieu. 30 novembre 1922, Mgr Mignen prend possession du siège épiscopal de Montpellier. Du 2 au 7 juillet 1923, quatre trains spéciaux, au départ de Montpellier, Béziers, Sète et Paulhan, conduisent vers la cité sainte 2.500 pèlerins pour le 1er Pèlerinage Diocésain, nouvelle formule, voulu par le nouvel évêque. « Le cadre diocésain était tel chez Mgr que le Pèlerinage National et celui du Rosaire ne furent jamais encouragés par lui. » Du 21 au 26 juillet 1924, deuxième Pèlerinage Diocésain, nouvelle formule avec 3.000 pèlerins dont 60 malades. 1925, devant l'afflux des pèlerins malades, la création d'un service organisé pour leur prise en charge s'impose. C'est la naissance au sein de notre diocèse, de l'Hospitalité St Roch. 1927, dix neuf bannières identifiant des sanctuaires mariaux du diocèse de Montpellier apparaissent lors des célébrations aux quelles participent les 4.500 pèlerins, dont 100 malades, de l'Hérault. 1929, Mgr Gerlier, nouvel évêque de Tarbes et Lourdes, nomme M. le chanoine J.J. Crébassol , chapelain honoraire de ND de Lourdes.
Du 17 au 21 juillet 1933, cinq mille pèlerins suivent leur nouvel évêque à Massabielle, en cette année où à Rome, le 8 décembre, Bernadette sera canonisée par Sa Sainteté Saint Pie XI. 1934, sous l'impulsion de l'abbé Cabane, le chanoine Crébassol encourage la réalisation de films en 16 mm sur Lourdes, son histoire et ses pèlerinages. Le 20 mars, venue à Montpellier pour témoigner de sa guérison survenue le 21 août 1901, de Gabriel Gargam, postier grièvement blessé en 1899 lors du déraillement d'un train postal à Angoulême. Du 17 au 20 juillet 1939, deux mois avant que n'éclate la seconde guerre mondiale, cinq trains conduisent en pèlerinage 4.000 fidèles et 120 malades. Cette chronologie des événements marquants de cette relation Montpellier - Lourdes a été réalisée grâce à la lecture de livres, cartes postales, lettres, journaux et revues de l'époque et faisant partie de la collection. Elle est suivie du répertoire des communes du département, des personnes connues (prélats, médecins, « miraculés ») ou moins connues, et bien d'autres informations qui comme je le précisais plus haut, témoignent de l'intérêt historique de toute collection. Le 4 décembre 2007, votre serviteur, Pompei.
ICONOGRAPHIE : 1) Carte postale « Souvenir de Lourdes ». datée de 1905. 2) Livret du pèlerin de Montpellier à Lourdes en 1913. 3) Insigne du Pèlerinage diocésain de Montpellier. 4) Carte postale présentant à Lourdes, la statue de St Roch, patron de Montpellier.
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L'Hérault et le
sanctuaire marial de Lourdes, de 1858 à 1939.
1932, Création, par
l'Hospitalité St Roch, d'une journée de Lourdes en faveur et au profit des
pèlerins malades. Au mois de juillet, ce sont 3.500 pèlerins et 120
malades qui partent pour Lourdes. En septembre Mgr Brunhes succède à Mgr
Mignen.





