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Si une collection, se veut avant
tout le « rassemblement » d'objets ou documents sur un thème
qui nous est cher, elle peut être aussi à l'origine d'une étude sur elle même
et ses « annexes ».
Je m'explique. Pourquoi nous
collectionnons, d'où nous vient cette « collectionnite »,
l'origine dans le choix du thème, ainsi de suite ...C'est ce que j'appelle les
« annexes ». Mais il en est deux qui me semblent être
vraiment symptomatiques du collectionneur assidu.
C'est dans un premier
temps « le désir, doublé du plaisir de faire partager sa passion »,
ça ressemble presque à une justification de sa « phobie ». Puis de
trouver dans cette collection, la source inspiratrice pour un travail de
présentation et de mise en valeur de son contenu. C'est généralement ici que le
collectionneur est rejoint par ce besoin, ou qu'il est sollicité, pour « pondre
des topos sur sa passion ».
Quel plaisir de fouiller dans l'histoire
de tel objet ou document, c'est encore mieux quand c'est l'inverse, à savoir
que c'est l'objet ou le document qui nous raconte son histoire ou l'histoire
tout court. Je vous propose ci dessous, un exemple de ce type de situation.
Conduit à exposer, à la demande du prêtre d'une paroisse de l'Hérault, ma
collection d'objets et documents sur le sanctuaire marial de Lourdes, nombreux
sont les visiteurs qui me posèrent des questions qui se résumeraient dans
la formule, choisie comme titre d'un ouvrage, par son auteur, l'Abbé Cabane,
« Les liens qui unissent le diocèse de Montpellier à Lourdes ».
Quelques jours après cette exposition, je recherchais dans ma collection tout
ce qui de près et de loin avait un rapport entre l'Hérault et Lourdes. De mes
fouilles, et suite à une compilation chronologique des découvertes réalisées,
je pondais le « papier » dont ici, suivent des extraits.
Quel mérite ? Aucun, si ce n'est de prouver qu'une collection est vivante.
L'Hérault et le
sanctuaire marial de Lourdes, de 1858 à 1939.
Pour mémoire, entre le 11 février et le 16 juillet
1858, Bernadette Soubirous, humble bergère vivant à Lourdes , dans les
Pyrénées, aurait reçu dix-huit fois, à la grotte de Massabielle, la
visite de la Vierge Marie.
... Le diocèse de Montpellier fut l'un des premiers
à créer historiquement des liens avec ce sanctuaire, depuis mondialement
connu. En effet, dés le début des évènements, des « héraultais »
figurent parmi les témoins des « faits qui se déroulent à la grotte de
Masabielle ». En juillet 1858, Monseigneur Thibault, Évêque de
Montpellier, l'abbé Baudassé, curé de Lunel et l'abbé de Cabrières, en font
partie. Les docteurs Dozous et Vergez qui constatent les « premiers
miracles », pendant la période même des apparitions, sont issus de la
Faculté de Médecine de Montpellier.
... Pourquoi ces liens ? Car la vie morale étant
régie par des lois inéluctables, tout comme la vie physique, lorsque une
multitude éprouve des sentiments communs, qu'ils soient patriotiques ou
religieux, elle éprouve également le besoin de les manifester en un pieux
rendez-vous. Lourdes est ce rendez-vous auquel nombreuses et nombreux furent
les héraultais qui, sous la conduite des prêtres de leur paroisse se sont
succédés à dans la cité mariale.
Le diocèse de Montpellier à Lourdes, chronologie.
1858, le
futur Cardinal de Cabrières accompagne Mgr Plantier, évêque de Nîmes, aux
Eaux-Bonnes (64). Passant par Lourdes, il a « l'honneur inespéré de
voir Bernadette ».
1870, les paroisses de
St Denis et de ND des Tables de Montpellier offrent le vitrail « le
paradis terrestre » pour la basilique ND de Lourdes, plus tard
basilique de l'Immaculée Conception, communément appelée basilique supérieure.
1871, offrande à la
basilique supérieure d'un ex-voto, un cœur en or, par les fidèles de Béziers.
1872, au lendemain de la
guerre de 1870, les diocèses de France se ruent à Lourdes, le notre n'est pas
en reste. Le 28 mai, premier pèlerinage officiellement
organisé par Béziers et ses environs, présidé par M. Reboul, Camérier secret de
SS Pie IX, curé de Béziers. Le Père Elysée, supérieur des Carmes de Montpellier
en est le prédicateur.
En
cette année d'action de grâce, parmi les 302 bannières qui constituent
l'offrande de la France reconnaissante, on note la bannière N°119, offerte par
ND de la Consolation de Béziers, la N°151 par ND de la Recouvrance, le collège
et la ville de Montpellier, la N°158 par ND de la Mer à Sète, la N°247 par ND
de Sue de Montpellier, la N°256 par ND de Lorette de St Gervais sur Mare et
enfin la N° 275 par ND du Rouet de Montpellier.
1873, la paroisse Ste
Eulalie de Montpellier offre pour la basilique supérieure, le vitrail « Ste
Germaine de Pibrac, rappelant la 1ère apparition ». Lunel
offre une bannière, Bédarieux et Montpellier, chacun un calice.
1874, année où l'abbé de
Cabrières accède au siège épiscopal de Montpellier.
1878, Monseigneur de
Cabrières préside son premier pèlerinage en temps qu'Évêque de Montpellier. Les
annales de ND de Lourdes notent le succès de ce pèlerinage malgré l'épreuve du
phylloxera qui vient de frapper le vignoble héraultais.
1885, le comité ND du
Salut, créé à Montpellier, organise les premiers trains pour pèlerins malades
sous l'impulsion de l'abbé Brunel, curé de St Martin de Londres.
1892, Vicaire à St
Alexandre de Bédarieux, l'abbé J.J. Crébassol conduit ses fidèles à Lourdes. Il
en sera un des plus ardent et fervent pilier.
Du 20 au 24 août 1897,
noces d'argent (25 ans) des Pèlerinages Nationaux. Mgr de Cabrières préside la
messe pontificale d'action de grâces et en sera le prédicateur.
1898, c'est l'abbé
Graffinol, curé de St Joseph de Sète, qui couronne la statue de la Vierge de la
grotte.
1899, Monseigneur
de Cabrières vient à Lourdes « rendre grâce » à
l'occasion du 25ème anniversaire de sa nomination d'évêque, 5.000
pèlerins et 100 prêtres l'accompagnent
1904, l'abbé Crébassol,
curé de Ste Madeleine de Béziers devient directeur du « Pèlerinage
National ». .
1907, le témoignage d'un
pèlerin nous apprend, qu'un voyage en train, de Montpellier à Lourdes dure en
moyenne une quinzaine d'heures. Le train arrivait à Lourdes depuis 1866.
1908, Monseigneur de
Cabrières dépose au cours du procès de l'Ordinaire de Bernadette. Le diocèse de
Montpellier envoie six trains spéciaux à Lourdes. L'abbé Cabane participe pour
la première fois à l'organisation de pèlerinages locaux.
1912, Monseigneur
de Cabrières est fait cardinal.
Du 7 au 12 juillet 1913,
le Cardinal de Cabrières se rend à Lourdes et convie « le
diocèse tout entier à se joindre à lui pour un acte de solennelle
reconnaissance suite à sa nomination cardinalice ».
Dix
mille fidèles l'accompagnent. De plus, c'est le soixantième anniversaire de son
ordination sacerdotale. En hommage et avec le généreux concours des héraultais,
le diocèse offre au sanctuaire marial une statue de St Roch, patron de
Montpellier. « Cette même année, son Éminence se fait l'interprète des
félibres de Montpellier pour que soient gravées sur le socle de la statue de la
Vierge de la grotte, les paroles de la Dame, Que soy era Immacoulada
Counception ».
1914, le pèlerinage,
projeté pour les 19 au 25 août et comptant vingt cinq trains spéciaux, n'aura
pas lieu, la guerre ayant été déclarée le 1er août.
Le 12 octobre 1916, accompagné
de son auxiliaire, Mgr Halle, de ses cinq archiprêtres, de plusieurs doyens,
aumôniers, curés et d'une centaine de ses diocésains, le Cardinal vient
demander à Lourdes « une prompte cessation de la guerre en
cours ».
1918, le Cardinal de
Cabrières dépose à nouveau en faveur de la béatification de Bernadette. En
cette année du 60ème anniversaire des apparitions, c'est Mgr Halle,
auxiliaire du Cardinal, qui est le prédicateur des cérémonies.
Le 29 juin 1919, le
Cardinal de Cabrières est avec ses ouailles à Lourdes pour rendre grâce à Marie
pour la fin glorieuse de la « der des der ». Il est le premier
des évêques français à venir « remercier la Mère Salvatrice de la
France, fille aînée de l'Église ».
1921, malgré la chaleur
torride qui règne à Lourdes, le cardinal de Cabrières âgé de 91 ans préside la
procession du Saint Sacrement et célèbre une messe dans la nuit. Le 21 décembre
de la même année, il rend son âme à Dieu.
30 novembre 1922, Mgr
Mignen prend possession du siège épiscopal de Montpellier.
Du 2 au 7 juillet 1923,
quatre trains spéciaux, au départ de Montpellier, Béziers, Sète et Paulhan,
conduisent vers la cité sainte 2.500 pèlerins pour le 1er Pèlerinage
Diocésain, nouvelle formule, voulu par le nouvel évêque. « Le cadre
diocésain était tel chez Mgr que le Pèlerinage National et celui du Rosaire ne
furent jamais encouragés par lui. »
Du 21 au 26 juillet 1924,
deuxième Pèlerinage Diocésain, nouvelle formule avec 3.000 pèlerins dont 60
malades.
1925, devant l'afflux
des pèlerins malades, la création d'un service organisé pour leur prise en
charge s'impose. C'est la naissance au sein de notre diocèse, de l'Hospitalité
St Roch.
1927, dix neuf bannières
identifiant des sanctuaires mariaux du diocèse de Montpellier apparaissent lors
des célébrations aux quelles participent les 4.500 pèlerins, dont 100 malades,
de l'Hérault.
1929, Mgr Gerlier, nouvel
évêque de Tarbes et Lourdes, nomme M. le chanoine J.J. Crébassol , chapelain
honoraire de ND de Lourdes.
1932, Création, par
l'Hospitalité St Roch, d'une journée de Lourdes en faveur et au profit des
pèlerins malades. Au mois de juillet, ce sont 3.500 pèlerins et 120
malades qui partent pour Lourdes. En septembre Mgr Brunhes succède à Mgr
Mignen.
Du 17 au 21 juillet 1933,
cinq mille pèlerins suivent leur nouvel évêque à Massabielle, en cette année où
à Rome, le 8 décembre, Bernadette sera canonisée par Sa Sainteté Saint Pie XI.
1934, sous l'impulsion
de l'abbé Cabane, le chanoine Crébassol encourage la réalisation de films en 16
mm sur Lourdes, son histoire et ses pèlerinages. Le 20 mars, venue à
Montpellier pour témoigner de sa guérison survenue le 21 août 1901, de Gabriel
Gargam, postier grièvement blessé en 1899 lors du déraillement d'un train
postal à Angoulême.
Du 17 au 20 juillet 1939,
deux mois avant que n'éclate la seconde guerre mondiale, cinq trains conduisent
en pèlerinage 4.000 fidèles et 120 malades.
Cette
chronologie des événements marquants de cette relation Montpellier -
Lourdes a été réalisée grâce à la lecture de livres, cartes postales,
lettres, journaux et revues de l'époque et faisant partie de la collection.
Elle est suivie du répertoire des communes du département, des personnes
connues (prélats, médecins, « miraculés ») ou moins connues, et bien
d'autres informations qui comme je le précisais plus haut, témoignent de
l'intérêt historique de toute collection.
Le
4 décembre 2007, votre serviteur, Pompei.
ICONOGRAPHIE :
1) Carte postale
« Souvenir de Lourdes ». datée de 1905.
2) Livret du pèlerin de
Montpellier à Lourdes en 1913.
3) Insigne du Pèlerinage
diocésain de Montpellier.
4) Carte postale présentant à
Lourdes, la statue de St Roch, patron de Montpellier.
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